La Banshee de Liverpool

Quand la messagère de la mort frappait à la porte des Wellington Rooms en 1849

Construit entre 1815 et 1816, l’Irish Centre situé sur Mount Pleasant à Liverpool a d’abord été le Wellington Rooms, un lieu élégant où les princes du commerce de la ville organisaient d’innombrables bals et réceptions. C’est dans ce cadre prisé de la haute société qu’un incident surnaturel très documenté s’est produit au printemps 1849.

Robert Ogden, un homme trapu au teint rubicond, et son ami John McLauchlan, tous deux résidents de Leveson Street dans le quartier de Toxteth, furent expulsés du Wellington Rooms vers près de deux heures du matin en raison de leur ivresse et de leur comportement chahuteur. En quittant le bâtiment, ils ne trouvèrent aucun fiacre pour les ramener chez eux, et une pluie battante commença à tomber.

C’est alors que M. Ogden remarqua une femme vêtue d’une robe noire et d’une cape grise, aux longs cheveux blancs, adossée à l’une des colonnes grecques du Wellington Rooms. Sa tête était baissée et sa chevelure lui masquait le visage. Alors que les deux hommes se mettaient en route, la femme les suivit et se mit à sangloter. McLauchlan, d’origine irlandaise, se mit à trembler : il savait qu’il s’agissait d’une banshee, cette apparition celtique dont les gémissements annoncent une mort imminente. Il expliqua à Ogden la nature de cette femme et l’implora de presser le pas, mais le vieil homme corpulent s’avança directement vers elle et souleva ses cheveux.

Le visage d’une vieille femme ridée lui apparut, flanqué de deux yeux d’un rouge profond. Les iris étaient d’un noir absolu : les yeux du destin. Ogden comprit immédiatement que cette créature n’avait rien d’humain. Il recula en trébuchant, puis se retourna pour voir McLauchlan, complètement ivre, qui tâtonnait le long des murs d’une école sur Hope Street, tentant de fuir d’un pas mal assuré. Ogden crut que son cœur allait exploser sous l’effort pour rattraper son ami. Ils ne prononcèrent pas un mot jusqu’à ce qu’ils atteignent Leveson Street, hors d’haleine.

La banshee ne tarda pas à apparaître au haut de la rue. Les deux hommes se réfugièrent chez eux et verrouillèrent leurs portes. La messagère de la mort s’assit alors sur les marches du numéro 7 — la maison de McLauchlan. Pendant des heures, sous une pluie battante, elle resta immobile, la tête baissée, pleurant à chaudes larmes. À quatre heures et demi du matin, les pleurs cessèrent. Le lendemain, l’épouse de McLauchlan ne se réveilla jamais : elle s’était éteinte dans son sommeil.

Quinze jours plus tard, aux petites heures du matin, la banshee fut aperçue sous la fenêtre du numéro 20 de Leveson Street. Quelques jours après cet événement, un psychopathe du nom de John Gleeson Wilson assassina la maîtresse de maison, ses deux jeunes fils ainsi que la servante.

Copyright Tom Slemen 2005. Traduction française pour Dark Stories.
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