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- LES TERRES PERDUES DE LYONESSE -

Il existe de nombreuses légendes sur ces villes et ces pays submergés par les vagues, mais celle concernant le pays englouti de Lyonesse est probablement la plus connue. Lyonesse, nous l'avons dit, était autrefois une région qui prolongeait le Land's End et s'enorgueillissait de ses belles cités et de ses cent-quarante clochers. Le 11 novembre 1099, une épouvantable tempête se déchaîna et la mer en maraude inonda cette contrée, noyant ses malheureux habitants et submergeant le royaume jusqu'à ce qu'on ne puisse plus en voir que les sommets de la montagne à l'ouest que l'on connaît maintenant sous le nom des îles Scilly.


C’était autrefois. Il y avait un roi du nom d’Arthur. Il avait combattu ses ennemis avec succès et établi sa souveraineté sur toute l’île de Bretagne. Mais il avait une femme qu’on appelait Guenièvre, et qui était d’une grande beauté. Beaucoup de guerriers qu’Arthur conduisait au combat avaient les yeux fixés sur la reine, et peu nombreux étaient ceux qui n’avaient pensé ou souhaité se faire aimer d’elle.

Parmi ceux-ci, il y avait un homme du nom de Mordred. Il était courageux et bon cavalier. Il fut longtemps l’ami d’Arthur qu’il suivait dans toutes ses expéditions. Ensemble, ils se taillèrent de beaux succès au détriment des Saxons et des Gaëls d’Irlande qui voulaient établir leur domination sur l’île. Longtemps, ils furent alliés pour engager de lointaines expéditions de l’autre côté de la mer. Mais Mordred jalousait Arthur et aurait bien voulu prendre sa place, non seulement sur le trône, mais également dans le coeur de la reine Guenièvre.

Or, il fut un temps où Arthur, à la tête de ses cavaliers, dut aller guerroyer dans des pays lointains. Avant de partir, il avait confié son royaume à son compagnon Mordred, à charge pour lui d’y faire respecter l’ordre et la justice. Mais Mordred vit là l’occasion tant de fois souhaitée.



La légendaire fontaine de Barenton

 

Quelques jours plus tard, il fit annoncer par tous les villages que le roi Arthur avait péri dans une bataille et qu’il avait été choisi pour être son successeur. Il s’empara sans vergogne des trésors qu’Arthur avait accumulés dans la forteresse de Tintagel et manifesta son intention d’épouser la reine Guenièvre.

Cependant, Arthur avait encore ses fidèles à l’intérieur du royaume. L’un de ceux-ci passa la mer et vint le trouver pour lui rendre compte de la situation. Arthur entra dans une violente colère.

- Puisqu’il en est ainsi, s’écria-t-il, je le combattrai jusqu’à la mort ! Il n’y a rien de plus odieux que de trahir son roi !

Sans perdre de temps, il fit rassembler ses troupes, les fit embarquer et aborda dans l’estuaire de la rivière Fowey. Là, il demanda des nouvelles et apprit que Mordred avait constitué une puissante armée, non seulement avec ses propres partisans, mais encore des Pictes, ennemis acharnés d’Arthur qu’il avait souvent vaincus, et des Irlandais à qui l’usurpateur avait promis des terres et des richesses. De toute évidence, Mordred était bien décidé à s’opposer à Arthur et à lui interdire l’accès de son propre domaine. Les deux armées se recentrèrent quelque part du côté de la rivière Camel, et ce fut un épouvantable massacre de part et d’autre. Et Arthur, entouré d’une poignée de survivants, dut s’enfuir vers l’ouest, poursuivi par de nombreux cavaliers que Mordred avait tenus en réserve et qu’il lâchait maintenant contre son ancien compagnon.

Arthur connaissait bien le pays : son intention était de se réfugier dans les montagnes de Lyonesse, en un promontoire qui s’avançait très loin dans la mer et qui était facile à défendre. Le pays de Lyonesse, avec ses nombreuses vallées, était riche en troupeaux qui pâturaient sur de magnifiques herbages. Et, au débouché des vallées, s’abritaient des ports bien fréquentés par des navires qui venaient de partout, apportant sans cesse d’abondantes marchandises et chargeant de l’or, du cuivre et de l’étain.

Ce fut donc dans cette direction que le roi vaincu entraîna ses compagnons. Mais leurs chevaux étaient épuisés et ils perdaient du temps. Derrière eux, les cavaliers de Mordred se précipitaient avec une sorte de rage, désireux d’en finir une fois pour toutes et de massacrer les survivants.

Arthur s’arrêta sur la falaise qu’on nomme Lizard et examina la situation : il se voyait perdu, car il ne doutait pas qu’il serait rejoint tôt ou tard par des ennemis attachés à sa perte. Il lui souvint alors qu’autrefois il avait eu un sage conseiller qui accomplissait des prodiges. C’était le prophète Merlin. Mais Merlin avait disparu depuis bien longtemps et nul ne savait où il se trouvait. Cependant, Arthur se mit à appeler Merlin à haute voix.

On vit bientôt apparaître un vieil homme, vêtu comme un bûcheron, dont la cagoule laissait passer d’abondantes touffes de cheveux gris. Il s’avançait vers le roi d’un pas très lent, en s’appuyant sur un bâton de coudrier.

- Merlin, est-ce vraiment toi ? demanda le roi.

- Oui, répondit l’homme, c’est bien moi, et je viens à ton aide, roi Arthur, comme je le suis venu souvent autrefois, car c’est la volonté de Dieu que tu sois protégé de la fureur de Mordred. Va sans crainte jusqu’au bout du pays de Lyonesse, mais uniquement sur les hauteurs. Je t’en conjure : ne reste pas dans les vallées, car il t’arriverait bien des malheurs et des désagréments. Ne pose pas de questions et obéis. Je vais faire en sorte de te sauver et de punir ceux qui ont eu l’audace de se dresser contre toi.

Arthur ordonna à sa petite troupe de se précipiter en avant. Quand il les eut vus disparaître le long des crêtes, l’homme qui avait dit être Merlin s’en alla sur le plus haut rocher qu’il put trouver et regarda l’horizon.
C’est à ce moment que Mordred arriva à la tête de ses cavaliers. Il s’arrêta un instant et cria :

- Holà ! l’homme ! as-tu vu passer Arthur et ses hommes ? Dans quelle direction sont-ils allés ?

Celui qui disait être Merlin leur indiqua le pays de Lyonesse.

- Ils se sont réfugiés dans les vallées, dit-il alors, en espérant que vous ne les découvrirez pas. Vous pouvez les surprendre si vous évitez les crêtes !

Sans plus attendre, Mordred et les siens se précipitèrent dans la direction indiquée, prenant bien soin de suivre les vallées profondes. Quand il les vit disparaître, l’homme qui se disait Merlin leva les bras vers le ciel et prononça d’étranges paroles qui se répercutèrent dans tous les échos des collines.

Aussitôt, le ciel se couvrit de nuages abondants, le vent se mit à souffler en tempête et la terre trembla. Pendant quelques instants, ce fut effroyable. On eût dit que le ciel s’effondrait et que la terre se soulevait, allant à la rencontre du ciel. Et la mer, jusque-là très calme, se déchaîna à son tour et déferla sur le pays de Lyonesse, en une tourmente qui paraissait ne devoir jamais finir.

Dans le Pays de Lyonesse, il y avait un jeune seigneur du nom de Trevelyan, qui appartenait à la riche famille des Vyvyans. Il se trouvait alors en son manoir, près de la mer, sur un petit promontoire. Au moment où la terre trembla, il entendit une voix qui ne venait de nulle part, une voix surnaturelle qui disait :

- Trevelyan ! Trevelyan ! si tu veux être sauvé, saute sur ton cheval blanc et fuis, car ce pays est condamné !

Sans réfléchir davantage, sans même mettre en doute l’avertissement qu’il venait de recevoir, Trevelyan se précipita dans l’écurie du manoir, sauta sur le magnifique cheval blanc qu’il possédait, et se mit à galoper éperdument vers les pentes des montagnes. Des tourbillons de pluie et de vent l’aveuglait, la terre s’ouvrait sous les pas de son cheval, mais celui-ci, comme aidé par un guide invisible, les franchissait sans peine. Et lorsque les vagues de la mer s’élancèrent à l’assaut des montagnes, le cheval passa au travers, hennissant plus fort encore que le tonnerre. Cela dura longtemps, longtemps, et enfin, la tempête se calma et le ciel redevint très bleu.

Épuisé, Trevelyan arrêta son cheval blanc et tourna ses regards en arrière. Il fut stupéfait : il se trouvait sur le promontoire qu’on appelle maintenant le cap Lizard, mais au-delà, à l’emplacement du beau pays de Lyonesse, si riche en cités et en verts pâturages, il n’y avait plus que la mer aux vagues écumantes, parsemée parfois de quelques petites îles qui se perdaient dans la brume.

 

 

Extrait: Contes et Légendes des pays celtes de J. Markale
Dernière modification: Lundi 22 septembre 2009

 

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