Tremblement de terre à Antioche

L'un des pires séismes de l'antiquité



 

La troisième pire catastrophe du tremblement de terre dans le monde est passée en l'an 526 et qui aurait frapper vers la fin de mai, entre le 20 et 29. Les documents d'archives diffèrent sur la date exacte des évènements. Ce séisme avait une magnitude estimée à 7,5 sur l'échelle de magnitude des ondes de surface et une intensité maximale estimée extrême sur l'échelle d'intensité de Mercalli. À l'époque, Antioche était une grande ville commerciale particulièrement réputée pour être la point de départ de la route de la soie.




Ce tremblement de terre dévasta la ville d'Antioche et ses environs.  Le séisme fut si violent qu'on estime que le nombre de pertes humaines se situe de 250.000 à 300.000. Le nombre de décès est incertain, car il apparaît que dans les catalogues vieux que de quelques centaines années. Les dégâts matériels durent aussi très importants, surtout que le tremblement de terre provoqua  un tsunami local qui endommagea gravement le port de Césarée Maritima (). L'empereur romain Trajan survécut aux tremblements de terre, tout comme son successeur Hadrien. Ils se sont enfuis avec seulement de légères blessures et plus tard a commencé un programme de reconstruction de la ville.  La ville d'Antioche et les régions qui furent atteintes par ce séisme se trouvent à la jonction de plusieurs plaques tectoniques. Ces plaques furent affectées par de nombreux grands tremblements de terre au cours des 2000 dernières années. Des recherches géologiques dans le secteur nord de la Mer Morte ont confirmé que trois grands tremblements de terre auraient eu lieu dans cette région aux environs de 155.

Trois autres villes furent gravement touchées par ce tremblement de terre et son tsunami. Il s'agit des villes de Beyrouth, Césarée et Yavneh. De nos jours Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle compte 213 296 habitants, les Antiochiens.


La description du tremblement de terre  de Antioche


Une description du tremblement de terre est incluse par l'historien Dion Cassius, datant probablement de quelques décennies après les évènements.

« Pendant le séjour de Trajan à Antioche, il y a un horrible tremblement de terre ; plusieurs villes en souffrent, mais Antioche est la plus maltraitée. Comme Trajan y a ses quartiers d'hiver, que nombre de soldats et nombre de particuliers s'y sont rendus de tous côtés pour affaires, pour ambassades, pour négoce ou par curiosité [...]

 D'abord, on entend tout à coup un grand gémissement ; suivit ensuite une violente secousse ; la terre tout entière bondit ; les édifices s'élancent en haut ; les uns, enlevés en l'air, retombent et se disloquent ; les autres, ébranlés de çà et de là, tournoient comme au milieu des flots agités, et, de plus, occupent une grande partie de l'espace. Le fracas des bois qui se rompent et se brisent, joint à celui des pierres, des tuiles, est tellement effrayant, il se lève une telle poussière, qu'on ne peut ni se voir, ni se parler, ni s'entendre. Plusieurs personnes, qui sont hors de leurs maisons, sont atteintes ; enlevées en l'air et violemment emportées, puis, précipitées comme du haut d'un escarpement, elles retombent meurtries ; les unes sont mutilées, les autres mortes. Des arbres même sont arrachés avec leurs racines. Quant à ceux qui périssent surpris dans leurs maisons, leur nombre est incalculable ; beaucoup, en effet, sont écrasés par le choc des objets qui tombent ; beaucoup aussi sont étouffés sous des monceaux de terre. Tous ceux qui ont quelque partie du corps engagée sous les pierres ou les bois sont dans un état déplorable, sans pouvoir ni survivre, ni mourir sur-le-champ.

Néanmoins, quelques-uns d'entre eux, sur cette population innombrable, parvinrent à se sauver ; mais tous ne s'en tirent pas sans souffrance. Quelques-uns y ont ou les jambes, ou les épaules, ou la tête mutilée. D'autres vomissent le sang ; parmi eux est le consul Pedo, qui même faillit en mourir. En un mot, il n'y a absolument aucun fléau dont la violence ne se fait alors sentir. La divinité ayant prolongé le tremblement pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, les habitants sont en proie à l'incertitude et à l'embarras, les uns engloutis et tués par la ruine des édifices, les autres, à qui, soit un espace vide formé par l'inclinaison des bois, soit la voûte d'un entrecolonnement, permet de conserver la vie, mourant par la faim. [...] Tels sont les malheurs qui accablent alors Antioche.

Quant à Trajan, il s'échappe par une fenêtre de la maison où il est, guidé par un homme d'une taille au-dessus de la taille ordinaire des hommes, qui s'est approché de lui, en sorte qu'il en est quitte pour quelques blessures légères ; mais, comme le tremblement dure plusieurs jours, il se tient dans le cirque en plein air.

    Le Casius lui-même est tellement ébranlé, que sa cime semble se pencher et se briser jusqu'à tomber sur la ville. D'autres montagnes aussi s'affaissent ; de l'eau sortit en abondance là où il n'y en a pas auparavant, comme aussi elle tarit dans des lieux où elle coule en abondance. »

— Dion Cassius, Histoire romaine, LXVIII, 24-25 - traduction Étienne Gros, 1867.







Source: http://www.wikipedia.org

 

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