Regard sur les morts-vivants

Synthèse sur croyances populaires entourant les morts-vivants


 

Devenus des incontournables du cinéma d’horreur et vedettes bien installés à Hollywood, les morts-vivants n’ont probablement jamais été aussi célèbres. Au fil des productions cinématographiques, des évènements thématiques et des très nombreux romans les mettant en vedettes, les morts-vivants sont devenus un thème populaire qui s’est bâti une clientèle bien établie parmi les amateurs de cinéma d’horreur et fantastique. Ils se retrouvent dans tous les genres, passant du cinéma d’horreur, à la romance,  l’aventure et même la comédie, devenant les monstres les mieux connus de tous les types d’auditoire. Rien de bien surprenant, ils sont la représentation de la mort et de l’après-vie, un sujet qui a toujours attisé les rêveries, la crainte et l’imagination populaire.


Dans la culture populaire actuelle, nous considérons comme étant morte-vivante toute créature, préférablement un humain, qui continue à se manifester et à utiliser son corps malgré que celui-ci soit mort. Suivant cette définition, les morts-vivants sont des morts revenus à la vie et les principales causes de leur réanimation sont généralement la magie, une malédiction, une maladie ou encore une exposition à des produits chimiques 1.

Dans certains cas, comme celui des zombies modernes, la  créature est un humain corrompu, qui perd toute notion du bien et du mal, luttant pour se nourrir de façon instinctive sans avoir conscience de ses actions. Dans d’autres cas, comme celui des vampires, les victimes sont davantage des êtres démoniaques, ayant conclu un pacte avec les forces obscures et ayant parfaitement conscience de leur situation. Dans tout le cas, les morts-vivants sont généralement contagieux, ils sont mauvais, hostiles aux humains et cherchant à se nourrir des vivants. Mais malgré tout leurs défauts, ils font l’envie de plusieurs. Après tout, survivre à la mort et devenir immortel n’est-il pas le fantasme le plus justifiable de tout être vivant ?  Est-il logique de croire que certaines personnes seraient prête à pactiser avec le Diable afin d’obtenir la vie éternelle ?

La mort étant un mystère angoissant l’homme, l’idée que certains puissent survivre après leur mise en terre fut présente dans toutes les cultures.


 



Valère Bernard (1860 - 1936) - Les revenants ou L' office des morts - gravure 1906

Cependant, les vampires et zombies modernes n’ont pas beaucoup de ressemblances avec les créatures légendaires d’antan. Les différences se situent principalement dans certaines particularités qui furent adaptées afin que les monstres modernes plaisent à un plus grand public. C’est pourquoi il est intéressant de découvrir les croyances populaires d’où proviennent les morts-vivants et particulièrement les évènements qui ont donné naissances à toutes ces croyances. Les principaux revenants sont les suivants:

  • Les goules, une créature monstrueuse du folklore arabe
  • Les revenants, un mort-vivant vengeur ou condamné
  • Les zombies, provenant de la culture vaudou
  • Les vampires, les incontournables qui sont au cœur de plusieurs légendes mystérieuses


Les morts-vivants dans la littérature


Le terme « Mort-Vivant (Un-Dead) » fut principalement  imputé à l’écrivain Bram Stoker (1847 – 1912) qui a bien pensé en faire le titre de son célèbre roman Dracula (1887). Il a d’ailleurs utilisé cette expression à plusieurs reprises dans son ouvrage et est responsable de la signification moderne du mot.   Bien que ce terme servait presque exclusivement à désigner les vampires, qui avaient grâce à la littérature poussé les revenants, ces morts-vivants qui hantaient autrefois les cimetières européens, aux oubliettes. Le mot sert aujourd’hui à définir n’importe quel  être qui, même mort, présente encore des signes de vie ou d’animation. Les morts-vivants ont définitivement pris leur place dans la littérature pendant la période des « romans gothiques », durant laquelle ce genre littéraire plutôt macabre devint très en vogue en Angleterre.  C’était une période sombre, les tendances gothiques influençaient beaucoup les artistes, architectes et auteurs. Ce fut  le début d’un nouveau genre littéraire, mais aussi l’apparition des romans d’épouvante et de fantastique.

C’est à cette époque : durant le XIXe siècle, que devait être publié certains des ouvrages incontournables qui allaient profondément influencer les croyances entourant les morts-vivants et immortalisés de façon littéraire nombres de légendes et histoires fantastique. C’était le début des romans d’épouvante.  Aux États-Unis, le poète et romancier Edgar Allan Poe (1809-1849) donnait des frissons à ses lecteurs en écrivant d’horribles contes d’épouvante et les premiers romans policiers. En Angleterre, les écrivains macabres s’épanouissaient dans un genre littéraire gothique qui devait donner naissance à plusieurs œuvres qui devinrent de grands classiques. Notons par exemple l’incontournable Frankenstein de Mary Shelley (1818), The Vampire de John Polidori (1819) et Carmina de Joseph Sheridan Le Fanu (1871). Ces mêmes œuvres étaient souvent inspirées de légende et fragment d’histoires qui provenaient de folklores bien réels. Mais ce fut véritablement en Angleterre, à la toute fin de ce siècle, que le grand bouleversement devait se produire. Bram Stoker allait entrer en force dans l’histoire, en écrivant le livre qui popularisera l’image moderne du vampire partout à travers le monde : Dracula (1897). Depuis lors, le vampire, ont été très populaire au travers des arts, la littérature et évidemment, au cinéma. La naissance du roman gothique devait, à travers de ces œuvres, instauré plusieurs croyances entourant les morts-vivants et influencé la littérature d’horreur et fantastique. Dracula, bien qu’il ne représente pas avec exactitude le vampire des croyances d’antan, prit une place d’importance en devenant l’expression la plus rependue et la mieux adaptée au folklore européen.  S’inspirant des légendes et histoires de vampires qui lui étaient rapportés, il a inséré dans son histoire plusieurs éléments propres à de réelles histoires de vampires ou de revenants qui peuplaient alors le folklore de son époque.

Un courant particulièrement macabre, bien présent à la fin du XIXe siècle, fut très favorable à Bram Stoker. Peu avant lui, l’histoire déjantée de Dr Jekyll and Mr Hyde (1886), de l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson (1850 – 1894) avait connu une popularité évidente, alors que le célèbre tueur en série Jack l’Éventreur (1888), devenait lui aussi un personnage mythique de l’époque, faisant cauchemarder l’Angleterre.  Dracula et Frankenstein sont des œuvres incontournables lorsqu’on parle des morts-vivants modernes, puisqu’à travers de leurs romans, Bram Stoker et Mary Shelley ont défini certains des traits qui allaient devenir des symboles classiques représentant le genre de leurs œuvres.


Les histoires cachées derrière les histoires


Constatant que les morts-vivants ont trouvé leur renommée à travers la littérature du XIXe siècle, il serait facile de croire qu’ils proviennent d’une tradition littéraire sans lien avec les croyances populaires de l’époque. Les légendes entourant les morts-vivants sont injustement diminuées au titre de simples croyances sans fondement ou d’histoires imaginaires raconté par les parents souhaitant donner la frousse à leurs enfants. Mais ce n’est pas du tout le cas. Ces romans ne sont qu’une matérialisation d’histoires beaucoup plus anciennes, de légendes et même d’évènements véritables qui ont inspiré les écrivains depuis plusieurs siècles déjà. Ces histoires sont à la base d’une croyance fortement répandue dans plusieurs endroits du globe : celui d’un mort-vivant qui doit se nourrir la nuit, devenant un prédateur pour les êtres vivants se trouvant sur son chemin. Il ne faudrait pas croire que ces vieilles légendes proviennent uniquement de vieux contes inventés par des ivrognes de village. Il y en a quelques-unes certes, mais  plusieurs anecdotes sont véridiques et confirmées par les témoignages écrits des témoins et des autorités  en place.

Mais quelles sont ces histoires, ces anecdotes historiques qui peuvent être la source de toutes ces croyances populaires ? C’est ce que vous découvrirez dans les différents textes présenté dans notre section "Diables et démons". Nous allons voir certains phénomènes que ces histoires ont en commun. En effet, si le mythe du mort-vivant est présent dans presque toute les cultures, c’est probablement parce qu’il fut engendré par des phénomènes naturels difficilement interprétable qui était commun à toute les cultures. C’est généralement une mauvaise compréhension des conditions de putréfaction des corps, de l’incorruptibilité de certaines dépouilles et de certaines connaissances de la mort clinique.

 



 

David Magny © Dark-Stories.com - Dimanche 26 octobre 2015
Reproduction totale ou partielle interdite sur quelque support que ce soit sans l'autorisation de l'auteur.

Sources et autres références:

1. Produits chimiques, nucléaires ou bactériologiques, les possibilités sont nombreuses et seul le concept de la contagion est généralement présent dans tous les scénarios.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mort-vivant
Jean Markale, L’énigme des vampires (Pygmalion), 1991, p. 10
Jean Markale, L’énigme des vampires (Pygmalion), 1991, p. 10

 

Quelques histoires sélectionnées au hasard