Le Yūrei

Ces âmes qui ne reposent pas en paix


 

 

Dans les croyances japonaises, les Yūrei (幽霊) sont les esprits troublés et malveillants de gens morts qui n'ont pas eu accès au paradis. Ces personnes sont généralement décédées de façon brutale et ont laissé derrière eux une vie incomplète, du chagrin, de la colère ou même un désir de vengeance.

 

Il existe une grande variété de fantômes dans le folklore japonais, le yūrei étant spécifiquement un type de revenant méchant et vengeur, qui hante un territoire où il s'attaque aux gens qui provoquent sa colère. Dans certain cas, il s'agit d'une l'âme d'une personne qui n'a pas reçu de rites funéraires appropriés et dont la mort est généralement issue d'un meurtre, d'un suicide ou d'un accident terrible, qui laisse l'âme du défunt frustré et malheureux. Par exemple, dans les légendes entourant la forêt de Aokigahara, un lieu de suicide populaire au Japon, les âmes des misérables qui ont mis fin à leurs jours tentent de nuire aux gens qui visitent cette forêt, les poussant à s'y perdre et à y mourir. Ils se manifestent généralement entre 2h et 3h du matin.

Généralement représentés comme étant une femme, les hommes peuvent également être des Yurei. Cependant, la plupart des films populaires et légendes urbaines mettent en vedette des yurei féminins.

Au grand écran, plusieurs occidentaux l'on vu en vedette dans les films "Le Cercle", "Silent Hill" et " The Grudge ou Rage meurtrière (au Québec)".  Si vous avez visionné ces films, probablement avez-vous trouvé une grande ressemblance entre les entités vedettes. Ces deux fantômes sont des yūrei  et sont de bons exemples de l'aspect que ces revenants dans les légendes populaires modernes.

 

 

La description archétypale du yūrei est pratiquement identique. Il est présenté  à l'image d'une  «femme à la chevelure désordonnée sous un capuchon triangulaire, dans une robe flottante et sans pieds ». En effet, dans la tradition japonaise, le yurei porte un kimono blanc et flotte au-dessus du sol, il est dépourvu de jambe. Il se présente généralement avec les cheveux noirs, les cheveux détachés et désordonnés. Les femmes ayant traditionnellement les cheveux attachés en chignon sur la tête, les avoir détachés et mal coiffés était mal vu à l'époque. C'est comme cela que le yūrei est représenté sur les vieilles gravures d'époque, dont la plus vieille date de 1673.


Les yūrei sont quelques fois confondus avec les Yōkai (妖怪), un forme de démons japonais qui possèdent souvent des caractéristiques animales, mais ils peuvent aussi avoir une apparence humaine, voire inanimée ou même immatérielle. Bien qu'ils ne se ressemblent pas visuellement, plusieurs de leurs histoires et légendes sont presque similaires.

 


Yurei tel que présenté dans "The Grudge"

 


Les moyens de protection


Les Japonais ont pour tradition de se protéger des fantômes et esprits malfaisants en utilisant des talismans de papier, de bois ou de tissus sur lequel est écrit le nom d'une divinité. On les retrouve un peu partout, spécialement chez les gens superstitieux qui les placent sur leurs portes.


Les yūrei étant des esprits troublés, le seul moyen de le faire disparaître est de lui faire trouver le repos éternel. Il faut donc trouver un moyen de l'apaiser en lui offrant, par exemple, un rite funéraire, une sépulture convenable pour sa dépouille ou encore en lui rendant justice.  Un yūrei  peut également être neutralisé en plaçant un de ces talismans sur son front. Cependant, il est possible qu'un yūrei ne puisse trouver le repos, on raconte alors qu'un prêtre bouddhiste ou un médium doit alors pratiquer un rituel d'exorcisme. Plusieurs de ces croyances ont des similitudes avec les façons des les croyances catholiques romaines traitent avec les mauvais esprits.

 

 


Le Cercle (2002)

 Les légendes urbaines et croyances populaires:


•  Banchō Sarayashiki est le récit d'une servante travaillant au service d'un samouraï. Elle casse accidentellement une précieuse et se fait tuer par le maître samouraï furieux. Il jette le corps dans un puits. Après cela chaque nuit, le fantôme d'Okiku s'élève du puits, compte jusqu'à 9 et éclate en sanglot, tourmentant le samouraï jusqu'à le rendre fou.

•  Botan Dōrō  est une d'origine chinoise qui existe sous plusieurs versions. Un homme tombe fou amoureux d'une belle inconnue, avec laquelle il a des relations chaque nuit, mais qui disparaît mystérieusement chaque matin avant le lever du jour. Un voisin intrigué les espionne et constate que la femme n'est plus qu'un squelette. Le voisin demande de l'aide à des prêtres bouddhistes qui placent des talismans en papier tout autour de la maison, empêchant ainsi le yūrei de retrouver son amant. L'homme dépérit de désespoir, puis finit par céder et rejoint sa maîtresse fantôme pour une dernière nuit. Il est trouvé mort au lever du jour.

•  Yotsuya Kaidan est l'histoire d'Oiwa, une femme défigurée et tuée par son époux afin de lui permettre de se remarier avec une autre jeune femme.Elle revient alors sous forme de yūrei, rendant son mari fou au point de massacrer sa nouvelle épouse et sa belle-famille. Le yūrei ne cesse de le tourmenter qu'à la mort de celui-ci, lorsque le frère d'Oiwa vient venger de la mort de sa soeur.



Les légendes urbaines des toilettes japonaises:


Au Japon, les toilettes publiques sont un bon endroit pour rencontrer des yūrei.

 
•  Hanako-san est une légende urbaine très populaire et répandue au Japon. Il s'agirait d'étudiante décédée lors de la deuxième guerre mondiale et qui hante désormais les toilettes des écoles. Selon la légende, pour l'invoquer vous devez vous rendre au troisième cabinet des toilettes des filles. Celle-ci doit se trouver au troisième étage de l'immeuble. Il faut fermer la porte, cogner trois fois en demandant "Hanoko-san, es-tu là?". Une voix vous répondra "oui, je suis là" et vous devez entrer dans le cabinet pour vous retrouver face à face avec cette étudiante en jupe rouge.


•  Kashima Reiko est une femme qui fut violée et sauvagement battue. Elle se retrouva inconsciente sur une voie ferrée et se fit couper les deux jambes. Son âme erre maintenant d'une salle de bain à l'autre, à la recherche de ses jambes.


•  Aka Manto est un yūrei masculin, mais qui hante les toilettes publiques des filles. Il est généralement dans le dernier cabinet. La fille qui rentre dans les toilettes se voit demander : "Lequel tu préfères, le papier rouge, ou le papier bleu ?". Si elle répond "rouge", elle est alors tuée à coup de sabre ; si au contraire elle répond "bleu", elle est tuée par pendaison.



En conclusion, les fantômes du folklore d'autres pays présentent souvent un aspect assez similaire au yūrei japonais. Il n'est cependant impossible de savoir à quelle époque s'est effectuée cette influence, ni dans quel sens celle-ci n’a eu lieu. Il est cependant probable qu'à l'origine, les croyances chinoises aient permis au yūrei de gagner en popularité. Une chose ait certaine, ces fantômes continueront à hanté nos écrans de cinéma encore bien longtemps.

 


Références:

http://www.paranormal-encyclopedie.com/wiki/Articles/Yurei
http://www.scaryforkids.com/japanese-legends/
http://en.wikipedia.org/wiki/Y%C5%ABrei

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