Les dames blanches

Un phénomène présent partout dans le monde


Légendes Urbaines - Les dames blanches (France)


 

Les dames blanches, ou grises se matérialisent toujours au même endroit. Elles tirent leur nom de leur vêtement ou de la lumière qui émane d'elles. Leur identité et la raison pour laquelle elles se montrent sont souvent connues des personnes qui les voient fréquemment. Les traits légendaires ou susceptibles d'être "tirés" vers le légendaire se perçoivent clairement. L'apparition se manifeste vers minuit, heure propice aux fantômes. Les lieux d'apparition sont situés près de croisements de routes et de ponts, endroits traditionnellement choisis par les créatures surnaturelles pour se manifester (ces lieux symbolisent un "passage" entre l'Ici-bas et l'Au-delà); enfin, la "femme en blanc" correspond à une figure classique d'être fantastique du folklore européen".

Les dames blanches sont présentes dans la majorité des folklore de partout dans le monde. Elles représentent généralement un esprit en peine, une âme triste, errant le lieu sur le lieu d'un drame et ce, jusqu'au jugement dernier. Vous trouverez sur cette page plusieurs contes et légendes au sujet des dames blanches. Dans certaines histoires, la dame blanche apparaît comme rusée et malicieuse, voulant quelques fois se venger en jouant des tours et en égarant les voyageurs.

 

Apparition de Palavas (Languedoc-Roussillon, France)
La dame blanche de Balleroy (Normandie, France)
La dame blanche de Caen / Luc-sur-Mer (Normandie, France)
La dame blanche de Glamis Castle (Écosse, Royaume-Unis)
La dame blanche de Lessay (Normandie, France)
La dame blanche de Montmorency (Québec, Canada)
La dame blanche de Montpinchon, (Normandie, France)
La Dame Blanche de Mortemer (Haute Normandie, France)
La dame blanche de Trécesson (Bretagne, France)

La demoiselle de Tonneville (Normandie, France)
Légende Briançonnaise (Hautes-Alpes, France)

 

La dame blanche de Montmorency (1759) - Québec

 

Main dans la main, Mathilde et Louis marchaient au bord de la rivière Montmorency dont ils connaissaient tous les méandres. Après les durs travaux du jour, ils se rendaient parfois jusqu'en haut du grand sault, là où on voit toute l'île d'Orléans qui ressemble à un gros poisson couché au milieu du fleuve. Ils faisaient mille projets et leur coeur débordait d'amour. Mathilde refusait de décrire la robe blanche qu'elle avait cousue pour le grand jour. Louis ne la verrait que le matin des noces !

Voici qu'un matin de juillet, dans toutes les paroisses de la côte, les curés avaient réuni les familles et lancé :

- Partez ! Emmenez bêtes et provisions ! Terrez-vous au fond des bois ! Les Anglais sont là !

Seuls demeuraient sur les bords du fleuve Saint-Laurent les hommes, jeunes et vieux, qui s'étaient engagés dans les milices pour défendre leurs biens jusqu'au dernier souffle. Non, les Anglais venant de l'ouest ne franchiraient pas la rivière ! Mathilde Robin aurait bien voulu camper avec les miliciens. Elle aurait tout accepté pour être auprès de Louis ! Mais la guerre est l'affaire des hommes, elle le savait.

Réfugiée dans les bois avec sa famille, elle languissait. À chaque fois qu'arrivait un nouveau venu parmi les tentes, elle posait toujours la même question :

- Avez-vous vu Louis Tessier ? Sa compagnie est-elle sur les battures ?

Puis, un jour, un milicien arriva avec quelques Indiens et un blessé qu'il confia aux femmes.

- Les Habits rouges ont attaqué les redoutes, dit-il, hors d'haleine, et ils ont tenté de gravir les falaises et de franchir les gués. Mais nos troupes les attendaient derrière les fascines et elles ont empêché leur avance.

 



La bataille de Montmorency se terminait par une brillante victoire des Français. Dans le bois, tout le monde attendait des nouvelles. Quelques soldats et miliciens essoufflés et trempés vinrent rassurer leurs parents. Mathilde eut beau attendre et attendre encore, Louis ne vint pas au campement dans le bois. Alors, n'y tenant plus, elle quitta les autres sous la pluie et se dirigea en hâte vers la rivière. Elle se mit à courir sur les rochers sans se soucier des ronces qui déchiraient son mantelet et son jupon . Bientôt elle arriva au premier gué. Louis Tessier ? Non, il n'était pas là. À l'autre gué, peut-être. Mathilde, haletante, continua son chemin. Au deuxième gué, on n'avait pas vu Louis. Mathilde repartit, mais là aussi, elle fut déçu, il n'était pas au troisième gué. « Il a peut-être tenté d'aller à la ferme », se dit-elle. Elle se précipita sur le sentier qui menait aux habitations. Et cette fois encore, elle ne trouva personne. Mais elle fut saisie de crainte en voyant flamber autour d'elle des granges et des maisons. Elle comprit que les Anglais avaient incendié les fermes et les granges. Elle courut à perdre haleine vers sa maison encore intacte. Elle ouvrit la porte et appela :

- Louis ! Mais seul le silence lui répondit.

Mathilde réussit à se guider dans la noirceur. À tâtons, elle ouvrit l'armoire et repéra sa robe blanche. Elle la saisit et la serra contre elle. Puis elle se dépêcha de ressortir. Elle poursuivait sa quête en répétant le nom de l'aimé. Elle arriva enfin en amont de la grande chute ; elle vit des gens et entendit des appels.

- Mathilde ! Oh ! Mathilde !

Folle d'espoir elle alla vers les voix qui montaient dans la nuit. En la voyant, les miliciens s'écartèrent et firent silence. Il était là, son Louis : il reposait sur la rive dans ses habits familiers. Mathilde l'appela doucement, attendant qu'il se lève et qu'il accoure vers elle. Mais Louis restait couché et ne donnait aucun signe de vie. Alors, elle comprit qu'elle arrivait trop tard. Elle se jeta sur son corps en hurlant sa douleur. Au bout d'un moment, elle sécha ses larmes et s'enfuit. Guidée par le bruit grandissant de l'eau qui se précipitait vers le fleuve, elle arriva juste en haut, au bord du rocher. C'était là où tant de fois elle s'était tenue avec Louis, là où toute la rivière, d'un geste majestueux, bascule dans le vide. Mathilde enfila sa robe blanche et sans hésiter un seul instant, elle ouvrit tout grand les bras et se laissa glisser dans la chute. On ne la revit plus jamais. Encore aujourd'hui, pendant les belles soirées d'automne, juste à la fin du jour, les gens de l'île d'Orléans racontent qu'ils peuvent voir distinctement une jeune femme toute vêtue de blanc errer au pied du grand sault de Montmorency. C'est le fantôme de Mathilde Robin qui, les soirs de lune, semble chercher encore dans les bouillons de la chute le corps de son bien-aimé.

Le vent apporte parfois sa plainte jusqu'à Saint-Pierre ou Sainte-Pétronille. Alors, les gens s'arrêtent et disent : - La voilà. C'est Mathilde Robin, la dame blanche.

Ce récit est adapté d'une légende orale qui circule encore sur la côte de Beaupré. La bataille à laquelle on fait référence est celle de Montmorency, qui précéda de quelques mois celle dite des « Plaines d'Abraham » (1759) où les Anglais conquirent, après tant d'efforts, la Nouvelle-France.

 


Créatures fantastiques : Fantômes et dames blanches (Québec)


 

 

Palavas, le 20 mai 1981 (France)



Le 20 mai 1981, quatre jeunes montpelliérains âgés de 17 à 25 ans vers 0h30, après s'être promené sur les quais de Palavas et avoir bu un coup, aperçoivent sur le bord de la route, une auto-stoppeuse d'une cinquantaine d'années portant un imperméable ainsi qu'un foulard blancs. Ils lui proposent de l'amener jusqu'à Montpellier. Elle ne répond pas mais opine de la tête, monte à l'arrière, et s'assied entre les deux passagères. La voiture repart. La mystérieuse auto-stoppeuse ne dit toujours pas un mot. Un kilomètre après, elle s'exclame "Attention au virage, attention au virage !". Le conducteur, surpris, lève le pied, et passe le virage sans encombre. C'est alors au tour des passagères de crier : le mystérieux personnage a disparu ! La voiture roule toujours à 90 km/h, les portes fermées... D'abord abasourdis, les quatre amis décident d'aller tout raconter à la police. Qui, après avoir cru à une plaisanterie, se rend sur place, sans rien trouver ! Plusieurs convocations plus tard, la police, comme toutes les personnes qui les interrogent, concluent à la sincérité des jeunes : leurs témoignages ne se contredisent jamais, ils ne s'intéressent pas au spiritisme ni à aucun sujet de ce genre... Enfin, ils évitent tant que possible de parler de cette affaire.


Si l'affaire de Palavas a défrayé la chronique, c'est en raison de l'homogénéité des témoignages des jeunes gens. En attendant, impossible de conclure de manière définitive sur ce cas. Le mystère reste entier...

 

Légende Briançonnaise (France)


La route de Lautaret
La route du col du Lautaret


La légende se situe en hiver sur la route du col du Lautaret. L'histoire raconte l'étrange aventure survenue à de nombreuses personnes au coeur de la nuit et de la tourmente : alors qu'elles étaient concentrées sur la conduite de leur véhicule, une incroyable apparition les surprenait au détour d'un virage : une dame vêtue d'une robe et d'un châle dont la blancheur immaculée rappelait celle de la neige, faisait de l'auto-stop appuyée contre une paroi glacée. Troublés et peinés par l'apparent dénuement de cet étrange fantôme, nombreux sont ceux qui lui offraient l'hospitalité dans la réconfortante chaleur de leur voiture.Son visage était entièrement dissimulé par son châle et toutes les tentatives de conversation s'avéraient vaines : le curieux personnage gardait obstinément le silence ... Les automobilistes reprenaient alors leur conduite et la nécessité de se concentrer leur faisait momentanément oublier leur passagère ...

Et le voyage se poursuivait toujours sans dommage. Arrivés à bon port, ils ne pouvaient que constater la disparition de la Dame ...Dans les auberges de la région, on raconte que la Dame Blanche du Lautaret protège les automobilistes qui la prennent à leur bord. Quant à ceux qui l'ignorent, leur voyage se poursuit au péril de leur vie. On raconte aussi que certains ont été internés en asile psychiatrique, à Laragne, pour avoir relaté cette histoire ...

 

La demoiselle de Tonneville (France)

 

On ne sait pas exactement quand elle vécu, mais on est à peu près certain qu’elle appartenait à la famille de Percy. Elle vécut dans un manoir en bordure de la route de Cherbourg à Beaumont, dont il ne subsiste aucun vestige intéressant.

La légende raconte qu’elle était intelligente et très belle, mais que son âme était mauvaise et cruelle. Capricieuse lorsqu’elle était petite fille, son désir de domination ne fit qu’augmenter avec l’âge. Dévorant de multiples ouvrages, elle s’initia à la magie et l’astrologie. Ses progrès furent si rapides qu’elle ne tarda pas à être en communication avec les puissances du Malin. Il faut dire que dans le Cotentin, l’influence des invasions Saxonne et Viking contribua à la persistance du paganisme, face aux avancées du monde chrétien. Longtemps, on recourut aux coutumes païennes, aux sorciers et autres devins. Puis la disparition subite des ses deux parents ajouta à son ressentiment. Un jour, une vieille femme s’arrêta près de l’étang situé en contrebas du manoir et la demoiselle de Tonneville l’y précipita dans un accès de fureur. Elle était la terreur de la contrée et il n’y avait pas de malheurs ou de calamités qui survinrent sans qu’on lui attribuât.

Les années passèrent, jusqu’au jour ou un procès l’opposa à des habitants de la commune voisine de Flottemanville, à propos de la possession d’une partie de la lande. On plaida avec acharnement de part et d’autre, mais la demoiselle de Tonneville perdit le procès. Elle prononça alors ces paroles : "Si, après ma mort, j’avais un pied dans le ciel et un autre dans l’enfer et qu’il fallût mettre les deux en enfer pour avoir la lande toute à moi, je n’hésiterais pas !"

Quand elle tomba malade, le curé de Tonneville vint pour la préparer à la mort. Elle lui dit qu’elle était toute préparée, et n’avait pas besoin de lui. Le curé l’exhorta à se rétracter de ce qu’elle avait dit, mais elle renouvela son désir d’appartenir à Satan pour hanter la lande qu’elle revendiquait. Finalement elle mourut dans l’impénitence. Le jour de l’enterrement, il fut impossible de sortir le cercueil de la propriété. Une force mystérieuse le retenait. On résolut alors de creuser sa tombe à l’endroit ou il se trouvait. On pensait en avoir terminé avec cet être maléfique, mais on se trompait.

Depuis ce jour, on la rencontre la nuit tombée, sur les landes de Tonneville et Flottemanville, ou bien près de l’étang de son ancien manoir. Toujours vêtue de blanc, elle s’exhorte à égarer le voyageur. A pied ou à cheval, il est pris d’une sorte de vertige, il perd le sentiment de l’orientation, il ne reconnaît plus le sentier, il crois revenir sur ses pas, change de direction et se perd tout à fait. Puis sans avoir compris, il se retrouve au milieu de l’étang. Alors, il entend la demoiselle de Tonneville ricaner du succès de sa ruse.

Quelquefois, elle se manifeste sous la forme d’un cheval blanc, et marche à coté d’un piéton, comme pour l’inciter à monter sur son dos. Malheur à celui qui se mettrait en selle pour accélérer son voyage, le cheval partirai aussitôt à travers les chemins creux, les fondrières et les ronces. Puis l’animal disparaît subitement sous le voyageur, laissant l’infortuné au beau milieu de l’étang...

Aujourd’hui, on n’entend plus guère parler des Milloraines, à tel point que l’on attribue ces apparitions aux superstitions et autres peurs ancestrales. Pourtant, en 1949, au cours de travaux dans l’ancienne enceinte du manoir, on mit à jour un cercueil recouvert d’une plaque de plomb, contenant des ossements humains. Qui autre que la demoiselle de Tonneville pouvait reposer ici, à l’endroit précis où, selon la légende, aurait été enterrée sa dépouille ?...

Phénomène plus récent, des auto-stoppeuses vêtues de blanc hantent le bord de nos routes. On en dénombrerait près de trois cent cas en France. Le scénario est identique : elles se manifestent au bord d’une route, toujours au même endroit, demandant à être prise en charge pour se rendre à quelques kilomètres de là. En un lieu bien précis du trajet, elles disparaissent subitement, souvent après avoir mis en garde le conducteur : c’est là qu’elles ont trouvé la mort quelques années auparavant, dans un accident de la circulation.

Auteur: Pascal Villeroy, Source: Normandie Héritage (Tous droits réservés.)

 

La dame blanche de Lessay (France)

 

En réalité, la région de Lessay ne compte pas moins de deux dames blanches. La lande de Lessay, située de part et d’autre de la route de Coutances, a toujours eu la réputation d’abriter des apparitions. La première, autrefois victime d’un assassinat, se manifeste dans la lande depuis des siècles par les nuits de pleine lune.

La route de la dame blanche de lessay
Le village de Bingard | la route de Lessay à Coutances
Photo Pascal Villeroy - Tous droits réservés


La seconde, plus récente, est très connue par les habitants du Centre-Manche. Elle fait de fréquentes apparitions au bord de la route de Coutances, à la sortie du Village de Le Bingard, faisant du stop pour rejoindre Lessay. Prise en charge, elle disparaît toujours à l’entrée du chef-lieu de canton, à hauteur du cimetière, là où elle repose : il s’agirait d’une adolescente de Lessay, Gabrielle R., tuée en 1970 dans un accident sur cette même route de Coutances.

Auteur: Pascal Villeroy, Source: Normandie Héritage (Tous droits réservés.)


 

La dame blanche de Balleroy (France)

 

C’est toujours lors de nuits pluvieuses qu’elle apparaît, à la sortie de la localité, en direction de Cerisy-la-Forêt. Vêtue de blanc, elle parait avoir moins de vingt ans, et demande à être déposée dans un village voisin, "là où habite sa mère".

La route de la dame blanche de Balleroy
L’embranchement sur la route Saint-Lô/Bayeux
Photo Pascal Villeroy - Tous droits réservés


Lors de la traversée du carrefour de l’Embranchement, situé sur la route Saint-Lô/Bayeux, elle montre des signes d’angoisse et de panique. Mais une fois celui-ci franchi, elle n’est déjà plus dans la voiture... C’est à cet endroit qu’elle a trouvé la mort, en 1960, dans une collision causée par un chauffard qui n’avait pas respecté la signalisation.

Auteur: Pascal Villeroy, Source: Normandie Héritage (Tous droits réservés.)



 

La Dame Blanche de Montpinchon (France)

 

Près du cimetière de Montpinchon, une dame blanche ferait une apparition chaque 14 du mois. D’ailleurs, dans les années 80, des centaines de spectateurs se déplaçaient pour assister au spectacle. Des milliers de curieux auraient aperçu cette forme évasive déambuler dans la campagne près de la rivière la Soule. Les gendarmes, médusés par un tel déplacement de foule, n’ont jamais pu prouver de supercherie.

Auteur: Pascal Villeroy, Source: Normandie Héritage (Tous droits réservés.)



 

La Dame Blanche de Caen / Luc-sur-Mer (France)

 

Depuis 1970, on la rencontre à proximité d’un arrêt de bus situé à Caen, sur la route de Douvres-la-Délivrande, juste après le C.H.U. Agée d’une trentaine d’années, elle prétend rentrer chez elle à Luc-sur-mer. Elle ne dit mot pendant les quatorze kilomètres du trajet, mais devient fébrile à partir du village de Mathieu, puis s’affole littéralement à l’entrée de Luc. "Faites attention, le virage est traître !" prévient-elle le conducteur. C’est inutile de chercher à la calmer, car une fois la courbe négociée, le siège du passager est vide... Cet endroit fut plusieurs fois le cadre d’accidents mortels, dont celui d’une jeune femme en 1970.

Auteur: Pascal Villeroy, Source: Normandie Héritage (Tous droits réservés.)



 

La Dame Blanche de Trécesson

Cela se passait aux environ de 1750, par une nuit d’automne, un braconnier était embusqué dans le parc du château et y guettait sa proie, quand il crut entendre un bruit lointain. Craignant d’être découvert, il cacha précipitamment son fusil et grimpa sur un arbre. A peine y était-il établi qu’il aperçut, à l’extrémité de la grande allée du parc, une voiture attelée de chevaux noirs et suivie de plusieurs domestiques qui portaient des torches allumées. L’équipage s’avançait lentement et presque sans bruit, aucune voix n’interrompait le silence de la nuit, qui n’était troublé que par le pas mesuré des chevaux et par le froissement des roues sur les branchages et les feuilles desséchées. Cet étrange cortège s’arrêta à quelques pas du braconnier, qui vit bientôt, à la lueur des torches, plusieurs hommes munis de bêches et de pioches, s’avancer de son côté et se mettre à creuser une fosse précisèment au pied de l’arbre sur lequel il se trouvait. Au même instant deux gentilshommes, dont le rang élevé s’annonçait par l’élégance et la recherche de leur costume, sortirent de la voiture et firent descendre avec violence une jeune femme richement parée.


 



Elle portait une robe de soie blanche, sa tête était couronnée de fleurs, un bouquet ornait son sein, tout indiquait une jeune fiancée qu’on va conduire à l’autel, mais sa chevelure était en désordre et ses yeux pleins de larmes, ses joues pâles, ses gestes suppliants annonçaient assez qu’elle était en proie à l’épouvante. Traînée plutôt que soutenue par ses conducteurs, quelquefois elle se débarrassait de leurs bras, se précipitait à leurs pieds, embrassait leurs genoux,les appelait ses frères et ses amis, et les suppliait en sanglotant de ne pas lui arracher la vie. Ce fut en vain, ses persécuteurs demeurèrent froids et inflexibles devant ses supplications désespérées, et loin de paraître ému, l’un deux la repoussa brutalement.

-Mes frères, mes amis, oh! je vous en supplie, ne me faites pas de mal !

-Vos frères! non Madame, nous ne le sommes plus, vous avez cessé d’appartenir à la famille que vous déshonorez.

-Au nom du ciel! ne me tuez pas. Faut-il donc mourir si jeune! Au moment d’atteindre au bonheur! Ah ! que la mort est affreuse.

-Il faut pourtant vous y résigner, Madame, les pleurs sont inutiles, votre heure est venue, vous allez mourrir.

La fosse était creusée, les cavaliers firent signe à leurs gens, qui s’emparèrent de la jeune dame. L’infortunée se débattit longtemps dans les bras de ses bourreaux, mais malgré ses efforts désespérés, malgré ses supplications et ses larmes, elle fut jetée dans la fosse qu’on recouvrit précipitamment de terre pour étouffer ses derniers gémissements, puis les deux seigneurs remontèrent dans la voiture, l’équipage s’éloigna au grand trot des chevaux, et quelque moment après, le parc de Trécesson avait repris son obscurité, son calme et son silence.

Pendant cette scène affreuse, le braconnier, le coeur serré par l’effroi, avait à peine pu respirer. Lorsque la voiture eut disparu, lorsqu’il eut cessé d’entendre le pas rapide et cadencé des chevaux qui l’entraînaient, il se décida à descendre de son arbre, mais, plein de trouble et d’épouvante, il ne songea pas à écarter la terre qui étouffait la malheureuse femme qu’on venait d’assassiner sous ses yeux. ll courut en toute hâte chez lui, où il raconta, tout éperdu, à sa femme, le crime dont il avait été le témoin. Celle-ci fit de vifs reproches à son mari et l’accusa de lâcheté. L’entraînant ensuite, elle voulut aller dans le parc pour ouvrir la fosse, mais une réflexion terrible lui vint: si elle et son mari allaient être surpris auprès d’un cadavre à peine froid, ne leur imputerait-on pas le crime affreux qui venait d’être commis? Cette crainte l’arrêta, elle jugea qu’il n’y avait rien de mieux à faire que de se rendre auprès de M. de Trécesson et de lui raconter ce qui s’était passé. Le braconnier et sa femme, introduits chez leur seigneur, purent à peine, tant ils éprouvaient de crainte, lui faire le récit du crime qui venait d’être commis sur ses terres. Aussitôt que M. de Trécesson eut compris de quoi il s’agissait, il se hâta de faire appeler tous les gens de sa maison et de leur donner l’ordre le plus pressant de se rendre au lieu indiqué, où lui-même les suivit bientôt. Cependant ces démarches, ces préparatifs avaient emporté le temps. Le jour était prêt à paraître lorsqu’on put commencer à enlever la terre qui recouvrait la fosse. Tous les regards, dirigés sur le même point, annonçaient l’anxiété des acteurs de cette scène, l’espérance et la crainte, l’attendrissement et l’horreur se succédaient. Enfin, lorsque le visage de la jeune dame parut à découvert, celle-ci ouvrit doucement les yeux, poussa un long soupir et ses yeux se refermèrent pour toujours.

M. de Trécesson fut profondément affligé de cet événement. ll lui fit rendre les honneurs funèbres avec une pompe digne du rang qu’elle paraissait avoir occupé dans le monde. Par la suite, il fit de nombreuses démarches pour découvrir les assassins, mais toutes ces recherches furent inutiles, on ne put savoir ni le nom de cette jeune dame qui avait disparu d’une si étrange manière, ni la cause du sort cruel qu’on lui avait fait subir, et cet évènement extraordinaire et toujours resté enveloppé, d’impénétrables ténèbres. Cependant, le souvenir s’en est transmis jusqu’à nous par des signes certains, M. de Trécesson avait solennellement déposé dans la chapelle du château la robe nuptiale, le bouquet et la couronne de fleurs de la jeune et malheureuse fiancée qui restèrent sur l’autel, exposés à tous les regards, jusqu’à l’époque de la Révolution.

 

La dame blanche de Glamis Castle


Janet Douglas, qui, à la mort de son mari, le sixième seigneur de Glamis Castle (Angleterre), fut enfermée dans un cachot sombre et froid par James V, qui haïssait froidement tous les membres de la lignée des Glamis, où elle mourut. Depuis, elle hante Glamis Castle, toujours vêtue d'une robe blanche, à la recherche des descendants de l'homme qui lui a fait perdre la vie.

 

 

La Dame Blanche de Mortemer


Mathilde l'Emperesse, petite-fille de Guillaume le Conquérant, enfermée par son père Henri 1er dans l'Abbaye de Mortemer (Normandie), pendant cinq ans, traumatisés par son séjour dans l'abbaye, elle revient les soirs de pleine lune et hante les ruines de l'abbaye. Beaucoup de témoins disent l'avoir vue, une photographie a même été prise en 2006 par un photographe français. Les personnes ''sensées'' ont crié au trucage, mais les habitants du village de l'Abbaye de Mortemer continuent à y croire... La légende est très encrée dans la vie du village et les familles ne laissent jamais leurs enfants aller jouer seuls près de l'abbaye, de peur qu'ils rencontrent la Dame Blanche.

 

 


Références :

Pascal Villeroy - Normandie Héritage
La Gazette de Montpellier, 21 juillet 1995.
Légendes urbaines, rumeurs d'aujourd'hui
Rumeurs. Jean-Noël Kapferer. Points actuels, 1990.
Le Domaine d’ Isegorias

 

 

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