Le trappeur fou de la Rat River

Un dossier de Christian R. Page



 

Eagle River (Yukon), 17 février 1932.

Alors qu’ils longent la rivière, l’inspecteur Alexander Eames et l’agent Sid May de la Gendarmerie royale du Canada, réalisent que le bruit de la fusillade est maintenant tout près. Quelques mètres encore et ils débouchent sur un surplomb qui leur donne un point de vue imprenable sur le chenal qui s’ouvre devant eux. Sur l’autre rive, ils voient leurs collègues se déployer en demi-cercle. Puis, un peu plus loin, le silhouette d’un homme qui se faufile sur le sérac.

 

C’est Albert Johnson, un dangereux criminel en fuite. Quelques coups de feu se font entendre puis le fugitif plonge face contre terre. Sans même se relever il riposte en direction des agents fédéraux. Dans le ciel, un avion, un Bellanca monoplan, décrit des cercles pour signaler la position de Johnson. D’où ils se trouvent, Eames et May voient le fugitif qui tente de s’enterrer sous la neige.
 
Puis c’est le « cessez-le-feu ». Seuls le vrombissement de l’avion et les aboiements des chiens de traîneau résonnent dans la vallée. Vingt minutes passent sans un seul coup de feu. L’agent May sait que l’attente ne pourra pas durer éternellement. Malgré sa canadienne, le froid commence à l’engourdir. Il se doute bien qu’il en est de même pour ses compagnons.
 

 

Avec une température qui oscille à –35º, chaque minute compte. À moitié courbés, lui et Eames entreprennent de se rapprocher. Au fur et à mesure qu’ils avancent, la silhouette d’Albert Johnson se fait plus précise. L’homme gît face contre terre, immobile, la main toujours refermée sur son arme, une puissante carabine de calibre .30/30.

Est-il inconscient ? Mort ? Ou est-ce une autre de ses ruses ?

À dix mètres de lui, l’inspecteur Eames épaule son arme pendant que Sid May s’avance lentement jusqu’à le toucher du bout du pied. Sur le manteau de toile de Johnson, de grandes tâches rouges montrent qu’il a été atteint de plusieurs balles. L’agent May le retourne. Son visage est figé dans une dernière grimace, grotesque. Albert Johnson est bel et bien mort. L’une des plus incroyables chasses à l’homme de l’histoire du Canada vient ainsi de prendre fin. Et avec elle naît une nouvelle énigme : qui était Albert Johnson, le trappeur fou de la Rat River ?

 

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L’affaire du Trappeur fou de la Rat River est l’une des plus grandes énigmes policières canadiennes. Qui était cet Albert Johnson ? D’où venait-il ? Qu’est-ce qui a poussé ce trappeur solitaire à devenir l’assassin le plus recherché du pays ? Comment une banale dispute au sujet de quelques pièges a-t-elle pu dégénérer en une chasse à l’homme sanglante ? C’est là le grand mystère du trappeur fou…

Au début des années 1930, les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon sont sous la juridiction de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). C’est un immense territoire, presque désertique, où les prospecteurs se croient au-dessus des lois et où la chasse est trop souvent synonyme de braconnage.

À l’été de 1931, la GRC à Aklavik (Territoires du Nord-Ouest) apprend qu’un curieux « voyageur » vient de débarquer à Fort McPherson, un village situé à la limite du cercle arctique. L’homme, qui parle avec un léger accent scandinave, prétend se nommer Albert Johnson et raconte qu’il a l’intention d’aller s’installer au Nord, près de la Rat River. Pour l’heure, les autorités n’ont rien contre Albert Johnson, mais on souhaite quand même l’interroger pour connaître ses intentions. Dans ces régions nordiques, la GRC veut s’assurer que les trappeurs sont suffisamment organisés pour affronter la nature hostile. Trop d’aventuriers ont mis leur vie en danger — et celle des secouristes — parce qu’ils avaient sous estimé ces étendues inhospitalières. On ne souhaite pas qu’Albert Johnson devienne l’énième de ces aventuriers imprudents. C’est le constable Edgar Millen qui est chargé de se rendre à Fort McPherson pour y rencontrer le « voyageur ». Arrivé sur place, l’agent apprend que Johnson se trouve au magasin général. C’est là que le premier face-à-face a lieu. Visiblement Johnson n’est pas du genre bavard. Il se contente de dire qu’il s’appelle Albert Johnson et qu’il ne cherche pas de démêlés avec la justice. Il ajoute qu’il a passé l’été précédent dans les Prairies et qu’il est venu par la rivière Peel. Et lorsque l’agent Millen l’informe que la chasse dans les territoires du nord requière un permis, Johnson feint de n’avoir rien entendu.1


« Après cette rencontre, Johnson est allé s’installer plus au nord, raconte Sandy Ramos, historienne à la Gendarmerie royale du Canada. Il a construit une cabane et, pendant un certain temps, il s’est fait discret. Les gens savaient qu’il était là, mais comme il s’occupait de ses affaires, personne ne s’en formalisait. Mais cela n’a pas duré.»2


En décembre, Millen apprend que Johnson se montre particulièrement hostile envers les autochtones Gwich’in qui tentent de l’éviter parce qu’il les menace et les terrorise. Lorsque trois d’entre eux se plaignent que Johnson intervient dans leurs pièges, Millen envoie alors les gendarmes Alfred « Buns » King et Joseph Bernard pour faire enquête.3

Avec pour seul moyen de locomotion leur attelage de chiens, les deux policiers mettent deux jours pour franchir les 40 kilomètres séparant leur poste d’Arctic Red River de la cabane de Johnson. Mais l’ermite refuse obstinément d’ouvrir aux agents. Il fait comme s’il n’était pas là. Devant ce refus, les policiers se rendent au poste d’Aklavik (Quartier général de la GRC) afin d’obtenir du renfort et un mandat de perquisition.4

Le 31 décembre 1931, accompagnés des gendarmes Lazarus Sittichiulis et Robert McDowell, les agents King et Bernard retournent à la cabane où ils sont accueillis par des coups de feu. Le gendarme King est atteint au côté, mais réussi à ramper à couvert. Un échange de tirs s’ensuit, mais Johnson reste intraitable. Devant la gravité de la situation, la troupe préfère rebrousser chemin. Cette fois Johnson devra répondre à des accusations de tentative de meurtre.5 

À Aklavik, l’inspecteur Alexander Eames, commandant du West Arctic Sub-District de la GRC, réunis neuf hommes, parmi lesquels se trouve l’agent Edgar Millen, le seul a avoir eu un « face-à-face » avec l’inquiétant Albert Johnson. Le 9 janvier 1932, les policiers, accompagnés des trappeurs Karl Gardlund, Knut Lang et Ernest Sutherland, de 42 chiens et de huit kilos de dynamite retournent à la cabane de Johnson. Contre toute attente, le trappeur est toujours là. L’inspecteur Eames lui crie que le constable King va se remettre de ses blessures et le somme de se rendre avant que la situation ne dégénère davantage. Peine perdue. Le forcené répond en ouvrant le feu sur les policiers. Le siège perdure de longues heures. En désespoir de cause, Eames demande à ses hommes de lancer des bâtons de dynamite sur l’habitation de rondins. Les premières déflagrations causent peu de dommage. Puis, un bâton tombe sur le toit qui souffle une partie de la cabane de Johnson. Mais celui-ci refuse de se rendre. Il ouvre le feu en direction de Eames pour bien montrer qu’il ne le prendra pas vivant. Après un siège de 15 heures, transit par le froid qui — avec un facteur éolien — avoisine les –90o, l’inspecteur Eames décide de retourner à Aklavik pour se réapprovisionner.6

Le 16 janvier, 21 hommes, dont douze amérindiens Gwich’in, retournent à Rat River, mais Johnson a pris la fuite, probablement vers le nord-ouest où il compte sans doute traverser la frontière de l’Alaska. Avec d’importantes réserves de nourriture, le constable Millen, le sergent R. F. Riddell, un milicien des Gardes nationaux canadien, et deux trappeurs aguerris, Noel Verville et Karl Gardlund, se lancent à la poursuite de l’insaisissable Johnson.7

À travers le Canada, le traque à Albert Johnson est devenue l’événement du jour. Le Toronto Globe titre « Un trappeur échappe à la police montée, le Maniaque en fuite » et le Vancouver Sun tire sur trois colonnes « La GRC aux prises avec un trappeur fou ». On raconte que dans les territoires du Nord-Ouest, la vente des radios — qui s’imposent de plus en plus comme la source no 1 d’information — monte en flèche. On veut tout savoir de cette chasse à l’homme qui s’annonce comme sans précédent.8

Le 29 janvier, les hommes découvrent le bivouac du fugitif. En silence, ils s’approchent espérant le prendre par surprise. Mais au dernier moment Johnson les aperçoit et ouvre le feu. Les balles sifflent dans tous les sens. Millen et ses compagnons courent se mettre à l’abri. Deux heures passent. Derrière un vieux tronc couvert de neige, Millen se dit que Johnson est peut-être blessé ou mort. Lentement il se redresse. Toujours rien. Il crie au forcené de se rendre. En guise de réponse Johnson ouvre le feu de nouveau. Une fusillade éclate. Millen est atteint en plein cœur. Il s’écroule dans la neige devant ses compagnons horrifiés.9

À la tombée de la nuit, Johnson en profite pour reprendre la fuite. Maintenant, il est devenu un meurtrier. Le sergent Riddell décide de retourner à Aklavik pour informer ses supérieurs de la mort de Millen. Pendant ce temps, Verville et Gardlund confectionnent une plate-forme pour protéger le corps de leur compagnon des prédateurs et retournent à leur propre campement situé à huit kilomètres.10

Informé de la fusillade mortelle, l’inspecteur Eames est décidé cette fois à mettre tout en œuvre pour arrêter Johnson. L’annonce de la mort de l’agent Millen est relayée par radio à travers le Grand Nord, puis bientôt à travers tout le pays11. Albert Johnson est devenu l’ennemi public no 1 (même si l’appellation n’a pas encore fait son apparition dans la presse judiciaire). Le 5 février, les trappeurs Verville et Gardlund retourne au dernier campement connu de Johnson (théâtre du meurtre de l’agent Millen), mais le fugitif n’est nulle part. Ils explorent les environs puis remontent un ravin de 15 kilomètres, jusqu’au pied des monts Richardson12. Le même jour, un pilote de brousse et vétéran de la Première guerre mondiale, Wop May, se joint aux recherches. C’est la première fois au Canada qu’un avion est utilisé dans une chasse à l’homme.13

Albert Johnson est aux aboies. Il sait maintenant que sa tête est mise à prix. Pour tromper ses poursuivants il s’efforce de marcher dans des pistes de caribous, mais inexorablement l’étau se resserre.14 Le 13 février il est aperçu près de Eagle River (Yukon). Aussitôt, la troupe de l’inspecteur Eames — des militaires, des policiers et des trappeurs — se lance à ses trousses. Du haut des airs, Wop May indique la route à suivre.15

Quatre jours plus tard, Johnson est encerclé. Il tente de distancer ses poursuivants en traversant le lit de la rivière entièrement gelée, mais des deux côtés de la rives les hommes de l’inspecteur Eames se déploient. Une fusillade éclate. Un militaire, le sergent Earl Hersey, est atteint à un genou. Les hostilités sont ouvertes et tous savent qu’il n’y aura pas de quartier. Puis, les armes se taisent. Seules les chiens — unique moyen de transport sous ces latitudes arctiques — continuent d’aboyer. Dans le ciel, le Bellanca de Wop May décrit des cercles au-dessus de fugitif qui, pour l’heure, gît sur le ventre, immobile.16

Albert Johnson, le trappeur fou de la Rat River a été atteint de 17 coups de feu.17

L’un d’eux l’a touché au dos, lui sectionnant la colonne vertébrale et la moelle épinière.18 Dans son sac, les policiers trouvent 32 pilules, 2,410$ en gros billets (en dollars canadiens et américains d’une valeur approximative de 60,000 $ aujourd’hui), une hache, un compas et deux bocaux en verre, un contenant cinq perles et l’autre sept dents en or. Johnson a également en sa possession une carabine Winchester de calibre .22, un modèle 99 Savage, une carabine de calibre .30/30, 39 douilles de calibre .30/30, 84 douilles de calibre .22 et quatre cartouches à plomb19. Mais les agents ne trouvent aucun document qui pourrait les éclairer sur l’identité — et le passé — de cet homme qui disait s’appeler Albert Johnson.

Depuis cette héroïque chasse à l’homme, l’identité d’Albert Johnson est devenue un mystère « historique », comme l’identité de Jack l’Éventreur ou celle du tueur du Zodiac. Qui était Albert Johnson ? Et pourquoi cet ermite acariâtre est-il soudain devenu un assassin ?

 

« Les motivations d’Albert Johnson restent très nébuleuses, d’expliquer Sandy Ramos. Depuis des années on cherche à savoir le pourquoi de ces comportements meurtriers. À partir des preuves colligées, tout ce que l’on peut dire avec certitude de cet individu c’est qu’il était un solitaire ; un homme qui avait choisi de s’installer dans les territoires du nord pour s’isoler de la civilisation. Puis, par un concours de circonstances, il s’est retrouvé face à la justice. Or, plutôt que de faire face à la musique, il a préféré "répliquer" en ouvrant le feu sur les policiers. Pourquoi a-t-il réagit ainsi ? C’est-là toute la question. Certains ont prétendu qu’il avait peut-être des antécédents criminels aux États-Unis ou ailleurs et qu’il essayait de fuir la justice. Le scénario est vraisemblable, mais cela n’a jamais été prouvé. À l’époque, beaucoup d’agents de la GRC pensaient que Johnson essayait de leur dissimuler quelque chose ou encore que Johnson croyait que la GRC avait découvert certains faits à son sujet. Ce qui n’était pas le cas.

« Alors pourquoi cet homme a-t-il choisi d’abattre l’agent Millen et de faire feu sur le constable King ? Nous l’ignorons. Et même si depuis on l’a surnommé le "trappeur fou", les éléments d’enquête prouvent au contraire qu’il s’agissait d’un homme excessivement rusé et intelligent. Tout le contraire d’un fou.»20

 

Après la mort de Johnson, les autorités ont fait parvenir ses empreintes digitales à Ottawa et à Washington D.C., hélas sans succès.21 À cette époque la GRC avait aussi en main une série de rapports concernant la présence d’un autre « étranger » trappant dans la région de Mayo, au Yukon. L’homme, qui disait s’appeler Arthur Nelson, était d’un tempérament plutôt renfrogné, parlait avec un accent scandinave et affirmait avoir été élevé sur une ferme du Dakota (É.-U.).22 Entre 1927 et 1931, ce « Arthur Nelson » aurait été aperçu à maintes reprises au sud de Dawson. Puis, en mai 1931, il aurait été vu pour une dernière fois à Keno. C’était deux mois avant qu’Albert Johnson ne fasse son apparition à Fort McPherson, dans les Territoires du Nord-Ouest, à 400 kilomètres de Keno.23

Aujourd’hui, la plupart des experts — incluant ceux de la GRC — croient que Arthur Nelson et Albert Johnson ne faisait qu’un. Mais cela ne nous en apprend guère d’avantage sur le passé d’Albert Johnson (ou Arthur Nelson) et sur ses motivations.

 

« Après la mort de Johnson, ajoute Sandy Ramos, sont corps a été ramené à Aklavik où le Dr Urquhart a procédé à son autopsie. On a pris une foule de mesures ; on a dénombré ses blessures et noté chacune de ses marques de naissance. On a aussi fait une empreinte dentaire. Le corps a ensuite été inhumé dans une tombe anonyme à Aklavik. Personne n’a jamais réclamé le corps et cela malgré le fait que les autorités aient largement diffusé une description de Johnson, tant au Canada qu’aux États-Unis. Quelques années plus tard — on ignore quand exactement — quelqu’un est venu déposer sur sa tombe, en guise de monument funéraire, une bûche dans laquelle on avait gravé les initiales A. J. Mais en dehors de cette initiative, il n’y a jamais rien eu d’autre pour marquer l’endroit où a été enterré Albert Johnson.»24

 

L’auteur canadien Dick North, qui a consacré 20 ans à enquêter sur le « Trappeur fou », croit que derrière cet Albert Johnson — alias Arthur Nelson — se cachait en réalité John Conrad Johnson. D’après North, Johnson, né en 1898 en Norvège, aurait grandi dans le Dakota du Nord (É.-U.) où ses parents avaient émigrés alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Jeune adulte, il aurait été incarcéré dans trois pénitenciers différents pour des crimes divers, incluant braquage et vol de bétail. Il aurait gagné le Canada en 1929.25

Albert Johnson, Arthur Nelson ou John Johnson, le mystère de l’identité du « Trappeur fou de la Rat River » semble aussi insondable que la sainte Trinité…

 

 

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Christian Robert Page © Dossiers Mystère TOME 2, (Louise Courteau, Éditrice Inc. 2008), p.183-193
Reproduction totale ou partielle interdite sur quelque support que ce soit sans l'autorisation de l'auteur.

Véritable enquêteur du paranormal, Christian R. Page et l’équipe de Dossiers Mystère ont parcouru des milliers de kilomètres en quête d’histoires extraordinaires. Vous pouvez écouter sa chronique sur le paranormal avec Benoît Dutrizac, chaque semaine au 98,5 FM .

Références:

01- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), pp. 20-22
02- Entrevue avec Sandy Ramos réalisée le 13 juillet 2005
03- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 30
04- F.W. Anderson et Art Downs, The Death of Albert Johnson (Heritage House Publishing, 2000), p. 13
05- F.W. Anderson et Art Downs, The Death of Albert Johnson (Heritage House Publishing, 2000), pp. 14-16
06- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), pp. 44-54
07- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), pp. 60-61
08- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 65
09- F.W. Anderson et Art Downs, The Death of Albert Johnson (Heritage House Publishing, 2000), pp. 25-27
10- F.W. Anderson et Art Downs, The Death of Albert Johnson (Heritage House Publishing, 2000), p. 27
11- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 78
12- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 86
13- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 94
14- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 106
15- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 105
16- F.W. Anderson et Art Downs, The Death of Albert Johnson (Heritage House Publishing, 2000), pp. 38-39
17- Max Haines, The Collected Works of Max Haines (The Toronto Sun Publishing Corporation Limited, 1986), p. 186
18- F.W. Anderson et Art Downs, The Death of Albert Johnson (Heritage House Publishing, 2000), p. 42
19- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 119
20- Entrevue avec Sandy Ramos réalisée le 13 juillet 2005
21- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 122
22- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), pp. 123-124
23- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), pp. 124-125
24- Entrevue avec Sandy Ramos réalisée le 13 juillet 2005
25- Hélèna Katz, The Mad Trapper (Altitude Publishing Canada Ltd, 2004), p. 125

 

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