L'énigme du Mary Celeste

Un dossier de Christian R. Page



 

Océan Atlantique, 4 décembre 1872.(Note 1)

Un dernier coup de rame et la chaloupe vient se glisser tout contre la coque du voilier dont les marins peuvent maintenant lire le nom peint en blanc : Mary Celeste. Malgré que la mer soit agitée, deux des trois « canotiers », Oliver Deveau et John Wright, n’ont aucune peine à monter à son bord. Ils sont aussitôt pris d’un malaise. Il y a quelque chose d’anormal ici. Est-ce ce silence de mort ou l’état de délabrement du navire qui inquiète ? Il est vrai que les marins sont des gens superstitieux… mais quand même.

Lentement, comme s’ils craignaient de voir surgir une épouvantable menace, les hommes entreprennent d’explorer le brigantin.

- Héééoooo !… Hoooééé…!, lance Deveau les mains en porte voix.

Rien. Pour toute réponse, le marin n’entend que le craquement des gréements et les voiles, en partie déployées, qui battent sous la brise légère. Après avoir inspecté le pont principal, les hommes se glissent dans « le ventre de la bête ». Tout est saturé d’eau : des vêtements rangés dans les malles aux matelas et à la literie. Dans les coursives, les portes des cabines restées ouvertes battent au rythme du navire qui tangue et les entreponts sont plongés dans l’obscurité.

Après avoir fait le tour du navire et visité une à une toutes les cabines, les deux marins doivent se rendre à l’évidence : il n’y a plus personne à bord du Mary Celeste.
 



- Je pense qu’il vaudrait mieux retourner sur le Dei Gratia, laisse tomber le jeune John Wright, comme s’il pensait à voix haute.

C’est vrai que les marins sont des gens superstitieux, mais le Mary Celeste lui donne des frissons. Pourquoi l’équipage a-t-il disparu ? Pourquoi a-t-il abandonné le navire ? Pourquoi le Mary Celeste ? 1

 

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Le 4 décembre 1872, à quelque 1000 kilomètres des côtes espagnoles, un trois-mâts barque battant pavillon canadien, le Dei Gratia, croise le Mary Celeste, un navire de 32 mètres de long commandé par un certain Benjamin Spooner Briggs. Vu du Dei Gratia, le Mary Celeste semble en piteux état : son clinfoc et sa voile du mât de misaine — du moins ce qu’il en reste — sont déployés en pendent accrochés à leurs gréements. Sur le pont, il n’y a personne… Le navire paraît abandonné. 2

Le Mary Celeste n’en est pas à son premier incident inusité. Achevé en 1861 au chantier naval de Spencer Island, dans la baie de Fundy (N.-É.), le navire a d’abord été baptisé Amazon.3 C’était originalement un modeste brigantin de 30.3 mètres de long et d’un tonnage de 198 tonnes.4  Lors de son voyage inaugural — de Spencer Island à Windsor (Nouvelle-Écosse) — son capitaine Robert McLellan est mort d’une fièvre galopante… un mauvais présage.5  Quelques mois plus tard, l’Amazon a heurté un barrage sur les côtes du Maine où il a failli sombrer.6  Ramené à Spencer Island pour y être réparé, le navire a lourdement été endommagé par un incendie allumé par accident.7  Remis en service, l’Amazon a éperonné un autre navire dans le Détroit de Dover, qui relie le canal anglais à la Mer du nord.8  En 1867, il s’est échoué sur des rochers au large du Cap Breton.9  On l’a remis à flot et conduit de nouveau à Spencer Island où il a été entièrement restauré. Sa longueur a été portée à 31.4 mètres et son tonnage à 282 tonnes. Durant toutes ces « pérégrinations », le navire, rebaptisé Mary Celeste, a changé de propriétaires à maintes reprises.10  Lorsque le Dei Gratia le croise en cet après-midi du 4 décembre 1872, il est la propriété de la James H. Winchester & Co. de New York, une petite entreprise de transport maritime. Le navire fait alors route vers Gênes (en Italie) où doit livrer un chargement d’alcool. 11

Pendant près d’une heure, les hommes du Dei Gratia observent le Mary Celeste qui se rapproche en zigzaguant. Ils font des signaux et sonnent la cloche, mais le brigantin ne répond pas.12  Pour le capitaine du Dei Gratia, David Reed Morehouse, cette rencontre a quelque chose d’ironique. Non seulement il connaît bien le capitaine du navire moribond, Benjamin Briggs, mais il y a à peine quelques semaines les deux navires étaient amarrés côte à côte dans le port de New York.13  Étrange coïncidence…

Vers 15 h., alors que le Mary Celeste se trouve à moins de ¼ de mille du Dei Gratia, Morehouse demande à trois de ses hommes, dont son second, Oliver Deveau, de se rendre sur le Mary Celeste pour enquêter.14  Ce que les hommes y trouvent les laisse pantois.

Le Mary Celeste est tout à fait désert et à en juger par le délabrement qui règne à son bord, son abandon doit remonter à plusieurs jours. Le rouf et les entreponts sont inondés et la cale disparaît sous 1,5 mètre d’eau. Dans celle-ci, Deveau retrouve les 1700 barils d’alcool de la cargaison (principal fret du Mary Celeste) et des vivres pour au moins six mois. Sur le pont principal de nombreux indices supposent qu’une activité fébrile, peut-être même une certaine panique, a précédé l’abandon du navire. Dans les cabines, les effets personnels des marins sont à leur place et la dernière inscription portée à l’ardoise du bord — retrouvée dans la cabine du capitaine — date du 25 novembre. 15


« L’unique canot de sauvetage du Mary Celeste était aussi manquant, d’expliquer Stanley T. Spicer, auteur de The Saga of the Mary Celeste, et les instruments de navigation du capitaine — sextant, chronomètre et livre de navigation — avaient également disparus. La trappe du pont principal, celle menant à la cale, était ouverte. Certaines voiles étaient encore déployées et d’autres avaient simplement été emportées par le vent. Dans la cabine du capitaine, un lit d’enfant avait été utilisé peu de temps avant l’abandon et toute la literie était humide. Les puits, les hublots et les portes des cabines étaient restés ouverts. Dans la cuisine, le poêle était froid et la vaisselle proprement rangée. Les pipes des marins étaient aussi bien à leur place. Or, à cette époque, aucun marin n’aurait quitté son bateau sans emporter sa pipe. C’était-là un indice que l’abandon du navire avait du se faire dans la hâte. » 16

 

Malgré le spectacle peu rassurant qu’offre le Mary Celeste rien ne justifie qu’il ait été abandonné. « Cette barque était capable de faire le tour du monde avec un bon équipage et de bonnes voiles », dira plus tard l’un des marins du Dei Gratia.17  Mais justement, pourquoi n’y a-t-il plus âme qui vive à bord ? Quelle menace a bien pu pousser l’équipage — le capitaine Briggs, sa femme et leur fille de deux ans et sept marins aguerris — à fuir à bord de l’unique canot de sauvetage du Mary Celeste ?

Mû par ses propres moyens, le navire est ramené à Gilbraltar où Morehouse et ses hommes espèrent toucher la prime de sauvetage.18  Mais les choses se compliquent. Dès son arrivée à quai, le Mary Celeste est placé sous séquestre par la vice-amirauté.19  Les autorités s’expliquent mal cette histoire. En coulisse, on parle d’une mutinerie qui aurait éclaté à bord du Mary Celeste, mais aucune trace de violence ne vient accréditer cette hypothèse. On évoque aussi un acte de piraterie, mais là encore la présence de la cargaison — 1700 barils d’alcool brut d’une valeur de 37,000$ 20 — rend invraisemblable ce scénario. Bref, on nage en plein mystère. Pendant plus de trois mois, le navire sera gardé à quai. En mars 1873, le tribunal maritime accorde aux hommes du Dei Gracia une prime de 8,300$ pour la récupération du Mary Celeste.21  Le « vaisseau fantôme » est alors remis à ses armateurs de New York, sans pour autant que les experts aient trouvé une explication à son abandon.

Pendant des années, le Mary Celeste va continuer de bourlinguer à travers le monde. Partout où il fait relâche, il suscite la curiosité. Puis, le 3 janvier 1885, son nouveau maître, le capitaine Gilman C. Parker, le jette volontairement contre les récifs de Rochelais dans la baie de la Gonâve, en Haïti.22  Le Mary Celeste n’est plus alors qu’un vieux bateau vétuste que ses nouveaux armateurs ont assuré bien au-delà de sa valeur réelle.23  Mais contre toute attente, le navire — perché sur les récifs — met des semaines avant de sombrer et l’arnaque est éventé. Le Mary Celeste termine ses jours dans cette même controverse qui aura marqué toute son histoire.

Au fil des ans, la disparition de l’équipage du Mary Celeste va devenir plus grande — et surtout plus mystérieuse — que nature. En janvier 1884, le magazine britannique Cornhill Magazine publie une nouvelle intitulée « J. Habakuk Jephson’s Statement » (La déclaration de J. Habakuk Jephson). L’histoire est présentée comme un témoignage, celui d’un survivant du Marie Celeste, un navire retrouvé abandonné dans l’Atlantique. Le narrateur raconte que l’équipage, parti de Boston (É.-U.) à destination de Lisbonne (Portugal), aurait été assassiné par l’un des marins de race noire, un tueur en série, du nom de Septimius Goring. D’après le récit, Goring détestait les « blancs » et c’est pourquoi il aurait égorgé tous les membres de l’équipage. Seul J. Habakuk Jephson aurait réussi à fuir en catimini sur l’un des canots de sauvetage. Même si ce récit paraît dans un magazine qui ne publie que des oeuvres de fiction, la « déclaration » de J. Habakuk Jephson devient vite l’explication officielle au mystère du Mary Céleste. Pourtant, l’histoire est jalonnée d’erreurs grossières. Dans la nouvelle du Cornhill Magazine, le nom du navire est le Marie Celeste (au lieu de Mary Celeste). Son port d’attache est Boston (au lieu de New York) et sa destination Lisbonne (au lieu de Gênes). L’auteur du récit — qui en réalité n’est nul autre que Arthur Conan Doyle (le père de Sherlock Holmes) — y ajoute aussi des détails qui vont vite se substituer aux faits établis.24  Le cinéma va même reprendre cette version dans un film de 1935, mettant en vedette Bela Lugosi (le premier comte Dracula du cinéma), The Mysterie of the Marie Celeste.25  Et comme si ce n’était pas suffisant, d’autres auteurs, eux-aussi emportés par l’énigme du Mary Celeste, vont y ajouter des détails de leur cru : « les plats étaient encore chauds sur la table, il n’y avait plus âme qui vive à bord sauf un chat affamé», etc., etc.

Pendant des générations, l’histoire du Mary Celeste va faire fantasmer les amateurs d’énigmes. Pourquoi l’équipage du Mary Celeste a-t-elle abandonné le navire ? Et où se trouve exactement l’épave ?

À la première question nous n’avons hélas que des hypothèses.


« Au XIXe siècle, reprend Stanley T. Spicer, il n’était pas rare de trouver des bateaux abandonnés dans l’Atlantique. D’après des statistiques établies par l’agence hydrographique américaine, uniquement dans les dernières décennies des années 1800, c’est une moyenne de 200 navires par année qui étaient retrouvés abandonnés. Dans ces cas, il s’agissait presque toujours de bateaux sérieusement endommagés et abandonnés par leur équipe qui craignaient leur naufrage. Mais, contre toute attente, ces navires n’ont pas sombrés et ils ont été retrouvés abandonnés. À l’autre extrémité, il y a eu, à la même époque, pas moins de 100 navires sortis des chantiers de la baie de Fundy (N.-É.), là où a été construit le Mary Celeste, qui ont disparu sans laisser de trace. Et entre ces deux extrémités, il y a eu le Mary Celeste, un navire retrouvé en parfait état de naviguer, mais complètement abandonné de son équipage. À son bord, on a trouvé que très peu d’indice sur ce qui a pu se passer et sur le sort de son équipage.» 26

L’hypothèse la plus vraisemblable accuse la cargaison du Mary Celeste. Le capitaine Briggs aurait négligé de faire aérer la cale où étaient entreposés les 1700 barils d’alcool brut. Or, sous la chaleur des tropiques, l’alcool aurait laissé échapper des vapeurs excessivement toxiques. Les experts supposent qu’en ouvrant la trappe menant à la cale, les hommes du Mary Celeste ont été surpris par ces vapeurs qui rapidement se sont répandues sur tout le navire. Briggs auraient alors décidé de faire monter tout l’équipage — incluant sa femme et sa fille — dans le canot de sauvetage qu’il aurait arrimé au Mary Céleste en utilisant les longs cordages des voiles. Son idée était de placer la yole à la remorque du Mary Celeste le temps que le navire se débarrasse de ses vapeurs d’alcool. Mais le câble se serait détaché ou brisé. Sans amarres, dans leur frêle esquif, les marins auraient vite été distancés par le Mary Celeste.27  Bien sûr, rien ne prouve que cette hypothèse soit la bonne, mais elle vaut bien toutes les autres histoires de monstres marins, de pirates ou même d’extraterrestres proposées jusqu’à maintenant pour expliquer l’énigme du Mary Celeste.

Par contre, pour ce qui a trait à la localisation de l’épave, nous avons des réponses plus précises. En 2001, une équipe de plongeurs professionnels de la NUMA (National Underwater Marine Agency) a annoncé avoir découvert l’épave du Mary Celeste. Celle-ci était exactement là où les registres de l’époque l’avaient située, au pied d’un massif de corail sur la côte ouest d’Haïti. Les plongeurs de la NUMA, chapeautés par Eco-Nova, une société de la Nouvelle-Écosse spécialisée dans la production de documentaires, n’ont malheureusement retrouvé qu’un vague squelette. Apparemment, les eaux chaudes des Caraïbes ont entraîné une détérioration accélérée des matériaux, tant et si bien que même les pêcheurs haïtiens ignoraient qu’une épave gisait au fond de la baie, à moins de 10 mètres de profondeur.


« L’épave se trouve aujourd’hui sur un fond corallien, pas très loin de Port-au-Prince, au pied des récifs de Rochelais, d’expliquer John Davis, plongeur et producteur de la série The Sea Hunters. Elle est complètement recouverte de corail. Il n’en reste que très peu de chose. À l’époque le navire s’est échoué sur les récifs où il est resté perché pendent des semaines. Les Haïtiens l’ont finalement incendié et le bateau s’est consumé jusqu’à la ligne de flottaison. La partie immergée s’est vite recouverte de corail. Tant et si bien que l’épave n’est plus vraiment visible. Nous l’avons d’ailleurs découverte n’ont pas en utilisant un sonar latéral, comme cela se fait généralement dans ce genre de recherche, mais en déplaçant un magnétomètre au-dessus des hauts-fonds. On espérait trouver des débris de métal provenant de l’épave et cette initiative a porté fruit.

« Nous avons ramené du site de l’épave de nombreux morceau de bois et des pierres de ballast. Même si les registres ne mentionnent qu’un seul naufrage sur les récifs de Rechelais — celui du Mary Celeste — nous souhaitions obtenir des preuves plus formelles quant à l’identité de "notre" épave. Le Mary Celeste a été construit en Nouvelle-Écosse et ses constructeurs ont utilisé un bois très distinctif pour sa carène, du bouleau jaune. Le navire a aussi été restauré, à New York, avec du pin blanc. La découverte sur un même site d’épave de ces deux types de bois très distinctifs était pour nous la preuve définitive qu’il s’agissait bel et bien du Mary Celeste. » 28

Qui aurait pu imaginer une meilleure « sépulture » pour la Mary Celeste ? Son histoire a été marquée par le destin, le mort et le mystère. Dès le début, certains ont prétendu que le Mary Celeste était maudit. Et c’est dans les eaux qui baignent Haïti, une île où règne le mystère et le vaudou, qu’il a trouvé son dernier repos.

 

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Notes supplémentaires:

I - Ou le 5 décembre 1872, selon le temps maritime.

 

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Christian Robert Page © Dossiers Mystère TOME 1, (Louise Courteau, Éditrice Inc. 2008), p.451-460
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Véritable enquêteur du paranormal, Christian R. Page et l’équipe de Dossiers Mystère ont parcouru des milliers de kilomètres en quête d’histoires extraordinaires. Vous pouvez écouter sa chronique sur le paranormal avec Benoît Dutrizac, chaque semaine au 98,5 FM .

Références:

01. Brian Hicks, Ghost Ship (Ballantine Books, 2004), p. 75
02. John Harris, Les vaisseaux fantômes (Presse de la Cité, 1981), p. 53
03. John Harris, Les vaisseaux fantômes (Presse de la Cité, 1981), p. 49
04. Paul Begg, Mary Celeste (Pearson Education Limited, 2005), p. 13
05- Brian Hicks, Ghost Ship (Ballantine Books, 2004), pp. 15-17
06. Stanley T. Spicer, The Saga of the Mary Celeste (Nimbus Publishing, 2002), p.23
07. Jeremy Kingston, Mysterious Happenings (Bloomsbury Books, 1991), p.152
08. Brian Hicks, Ghost Ship (Ballantine Books, 2004), p. 23
09. Jeremy Kingston, Mysterious Happenings (Bloomsbury Books, 1991), p. 152
10. Stanley T. Spicer, The Saga of the Mary Celeste (Nimbus Publishing, 2002), p.25
11. Charles Edey Fay, The Story of the Mary Celeste (Dover Publications, 1988), p. 60
12. Paul Begg, Mary Celeste (Pearson Education Limited, 2005), p. 34-35
13. Jeremy Kingston, Mysterious Happenings (Bloomsbury Books, 1991), p. 149
14. Brian Hicks, Ghost Ship (Ballantine Books, 2004), p. 73
15. John Harris, Les vaisseaux fantômes (Presse de la Cité, 1981), pp. 54-55
16. Entrevue avec Stanley T. Spicer réalisée le 31 mai 2005
17. John Harris, Les vaisseaux fantômes (Presse de la Cité, 1981), p. 56
18. Brian Hicks, Ghost Ship (Ballantine Books, 2004), p. 83
19. Stanley T. Spicer, The Saga of the Mary Celeste (Nimbus Publishing, 2002), p.38
20. John Harris, Les vaisseaux fantômes (Presse de la Cité, 1981), p. 52
21. Brian Hicks, Ghost Ship (Ballantine Books, 2004), p. 135
22. Brian Hicks, Ghost Ship (Ballantine Books, 2004), pp. 177-178
23. Brian Hicks, Ghost Ship (Ballantine Books, 2004), p. 182
24. Paul Begg, Mary Celeste (Pearson Education Limited, 2005), pp. 70-71
25. Paul Begg, Mary Celeste (Pearson Education Limited, 2005), p. 93
26. Entrevue avec Stanley T. Spicer réalisée le 31 mai 2005
27. Brian Hicks, Ghost Ship (Ballantine Books, 2004), pp. 233-247
28. Entrevue avec John Davis réalisée le 1er juin 2005

 

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